William Rickatson Dykes (1877-1925)

À l'occasion du centenaire de la naissance de Dykes.

Par Laure ANFOSSO. [1]

L'année 1977 marquait le centenaire de la naissance de William Rickatson DYKESDykes, un des noms les plus connus des amateurs d'iris — connu grâce à cette médaille à laquelle fut donnée son nom après sa mort : la "Dykes Medal" , la plus haute récompense à l'heure actuelle pour un iris, convoitée par les hybrideurs des deux côtés de l'Atlantique. Mais à part la "Dykes Medal" que connaissons-nous de ce personnage ? Cette immense œuvre qu'est "The Genus Iris" , sorte de bible des iris qui tente d'identifier et de classer les différentes espèces d'iris.
Mais nous savons peu de choses concernant l'homme lui-même, sa vie, ses importantes recherches sur les iris.
W. R. Dykes reçut une bonne éducation, suivie d'études à Oxford et à la Sorbonne à Paris. Il fut nommé en 1903 maître assistant à Chaterhouse, où il resta jusqu'en 1913. Durant cette période il rencontra Sir Michael Poster, un des chercheurs pionnier dans le domaine des iris, dont l'enthousiasme gagna Dykes, car il était d'un esprit curieux, méticuleux et il possédait une grande intuition pour la recherche. Sir Poster étudiait depuis longtemps les iris, que des amis recueillaient pour lui en Europe et au Proche-Orient, les différentes espèces et leurs distributions. Sur chaque plante, il gardait des notes détaillées accompagnées de dessins. Dykes regrettait que Foster ne fit pas imprimer ses connaissances et reprenant la tâche lui-même, il poursuivit ces recherches mais chaque fois que possible, il faisait sa propre collecte pour étudier les populations sauvages, leur uniformité et leurs variations, et prenait la peine d'étudier chaque petit point qui surgissait. Il préférait faire pousser une plante lui-même dans son propre jardin, à partir de la graine, pour noter toute variation à l'intérieur d'une variété présumée. Il rassembla et fit pousser toutes les espèces d'iris qu'il put se procurer et les étudia minutieusement à partir à la fois de la culture et des côtés botaniques. C'était dans son jardin à Godalming dans le Surrey, qu'il acquit graduellement sa remarquable collection d'iris, qui forma le matériel sur lequel étaient basées ses recherches. Il possédait de nombreuses variétés sauvages qu'il avait lui-même ramenées de ses innombrables voyages, auxquels il consacra largement ses vacances. Ils le conduisirent notamment dans le Midi de la France, à Hyères dans le Var, où il découvrit une variété d'Iris Spuria : l'Iris maritima poussant dans des marais au bord de la mer. Ces voyages l'aidèrent à classer les espèces sauvages qu'il put voir et étudier sur place et à recueillir des informations de familiers de ces plantes dans leur lieu d'origine, car il connaissait de nombreuses langues étrangères et il put ainsi avoir des contacts directs et une abondante correspondance provenant de tous les endroits où les iris poussent sauvages. Il fit une investigation complète de tous les spécimens d'iris purs conservés en herbier, de manière à clarifier les parentés et les distributions des espèces. Le fruit de ses longues recherches fut publié en 1913 sous le titre : "The Genus Iris", connu dans le monde entier, ouvrage de référence pour tout ce qui concerne le monde des iris.
Ce ne fut pas son unique ouvrage car il écrivit un "Handbook of Garden irises", encore inestimable pour tous les amoureux d'Iris, mais aussi un petit livre plus populaire sur les iris et un grand nombre d'articles dans des journaux et des magazines de jardin.

Ses recherches, son amour des iris et ses ouvrages le firent connaître des amateurs et contribuèrent à sa nomination de secrétaire de la Société Royale d'Horticulture en 1920, où il resta jusqu'en 1925. Mais cette nomination réduisit ses déplacements, son jardin et par cela même ses activités d'hybridations, car il vint se fixer à Londres. C'est à cette époque qu'il reçut deux médailles: "The Veitch Mémorial Medal" et "The Victoria Medal of Honour" et qu'un grand nombre de ses iris furent introduits. Il avait la qualité enviable d'être le plus sévère critique de ses propres semis, car sur les milliers de semis qu'il réalisa, seulement 29 furent nommés et distribués dans le commerce.
Dykes fut président du congrès d'inauguration de la Société Anglaise des Iris en 1922 dont il devint le premier rédacteur.
En 1924 il se maria avec Katherine, artiste mais aussi ardente horticultrice, et ils firent l'acquisition de leur propre maison et de leur jardin. Peu de temps après W. R. Dykes fut gravement blessé dans un accident d'automobile dont il ne se remit pas et mourut en décembre 1925.
Et c'est en hommage à ce grand amoureux des iris que fut instituée en 1926 la "Dykes Mémorial Medal", qui fut décernée pour la première fois en 1927 à 'Margot Holmes' , croisement de chrysographes et de douglasiana , deux espèces pures d'iris.
Dykes fut loué non seulement par ses contemporains pour ses talents de savant, de collectionneur, de cultivateur et d'hybrideur (car il s'intéressait aux iris mais aussi à toute autre espèce qui attirait son attention et au moment de sa mort, il avait dévoué la plus grande partie de son énergie à l'étude des Tulipes et des Crocus), mais aussi par ses amis pour sa forte personnalité magnétique, ses émotions sincères, son aide et ses encouragements donnés librement à ceux qui les recherchaient vraiment. Sa mort précoce coupa court à d'importantes recherches et son départ des sphères des iris fut comme l'extinction d'une flamme éclatante.


  • [1] Note : publié dans le n° double (printemps 1978) de la revue IRIS et BULBEUSES de la SFIB.

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