La santé par les plantes

Les iris dans la pharmacopée française du XIXe siècle.

La bibliothèque numérique Gallica (Bibliothèque Nationale de France) est un outil puissant et agréable en matière de bibliographie. En recherchant de la documentation pour l'article sur les iris d'Hyères, j'ai trouvé un ouvrage intitulé « Flore médicale usuelle et industrielle du XIXe siècle », par Dupuis et Réveil. Il s'agit du deuxième tome de la nouvelle édition complètement refondue et augmentée d'importants suppléments par De Lanessan, J.-L., édité en 1887, dont voici quelques extraits (pp 174-176).

couverture livre

« (..) PARTIES USITÉES. — Les rhizomes, improprement appelés racines.

RÉCOLTE. — La souche de l'iris flambe est horizontale, charnue, articulée, recouverte d'un épiderme gris; son odeur est vireuse, sa saveur âcre ; à l'intérieur elle est grisâtre ; sèche, elle répand une odeur prononcée de violette.
L’iris des pharmacies est produit par l'iris de Florence. Il nous vient de la Toscane et d'autres parties de l‘ltalie, Il est blanc, d'une saveur acre et amère ; il a une odeur de violette. C'est avec lui que l'on prépare les pois d'iris destinés au pansement des cautères. Il entre dans plusieurs compositions pharmaceutiques. Les parfumeurs en font très-grand usage.
La souche de l'iris des marais est rougeâtre, légère, percée de trous. La graine torréfiée a été employée connue succédanée du café.

COMPOSITION CHIMIQUE. — Le Rhizome de l'iris distillé avec de l'eau donne une substance solide, cristalline, qui a reçu le nom de camphre d'iris ; Ulmlez l'a obtenue dans la proportion de 12 pour 100. D'après MM. Hanbury et Flückiger (Hist. des drog. d'orig. végét., trad. fr., II, p. 475), cette substance aurait pour formule C14H21O2, c'est-à-dire qu'elle serait identique à l'acide myristique. lls l'ont obtenue en grosses écailles brillantes, peu volatilisables, à réaction acide, solubles dans l'amoniaque, formées en majeure partie d'acide myristique mélangé à une faible proportion d'huile essentielle. Le rhizome de l'iris contient encore du tannin et une résine molle, brunâtre, âcre.

USAGES. — L'odeur de violette très-prononcée que possèdent les rhizomes des iris les font souvent employer en parfumerie et en confiserie. En raison de leur âcreté on les emploie pour fabriquer des pois destinés irriter et faire suppurer les cautères. C'est aujourd'hui à peu près leur seul usage admis dans la médecine rationnelle. Nos paysans les emploient comme purgatifs. A haute dose ils sont vomitifs. A faible dose, on les a regardés comme un stimulant des poumons et comme propres à faciliter l'expectoration dans les catarrhes chroniques.
On emploie depuis quelque temps, sous le nom d'iridin, une oléoréosine extraite de l'Iris versicolor. Cette substance se présente sous la forme de très-petites granules colorés en brun noirâtre, à reflets brillants, à saveur amère et âcre ; ces granules se réunissent facilement en masses irrégulières. L'Iridin figure dans la pharmacopée des Etats-Unis ; on l'emploie contre les troubles de la fonction hépatique ; il faut aider son action par les purgatifs.
On a employé l'iris contre les maladies de la peau, et, malgré ce qu’en ont dit un grand nombre d'auteurs, il est inefficace contre la rage. Le rhizome de l'iris des marais a été employé en Flandre comme sternutatoire ; on le faisait priser pour dissiper les céphalagies opiniâtres et les odonlalgies. Ce remède n'est pas sans danger. L' iris fétide, autrefois vanté par Bourgeois comme emménagogue et anti-hystérique, n'est plus employé aujourd’hui, du moins dans la médecine rationnelle ; il est purgatif et vomitif. (..) »


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